Les tendons sont sujets à controverses.

Du coup je vais te rajouter une 9ème chose (ou 1ère ?) à savoir sur les tendons.

1. Tout le monde dit “tendinite” avec le suffixe “-ite” pour indiquer une inflammation.

Mais en fait, on n’observe pas vraiment d’inflammation sur les tendons.

Du coup, on parle de tendinopathie.

2. On ne comprend pas vraiment les douleurs aux tendons.

Contrairement aux articulations dans lesquelles on retrouve des nocicepteurs (nerfs qui transmettent un message de douleur), les tendons ne contiennent pas de nocicepteurs.

Une structure douloureuse a tendance à développer des terminaisons libres qui rendent la structure plus sensible au danger perçu et donc à la douleur.

Or, le tendon ne présente pas ça.

Des nerfs sympathiques se développent, mais pas de nerfs sensitifs.

3. On ne sait pas guérir une tendinopathie dégénérative.

Rien, aucun traitement, passif ni actif, ne permet de “guérir” la partie dégradée du tendon.

Les cellules des tissus conjonctifs comme le tendon ont tendance à répondre aux forces de traction pour s’adapter et déposer du collagène dans une direction précise.

Sauf que la partie dégradée du tendon n’est pas sensible aux forces de traction.

Du coup, difficile d’adapter un tissu qu’on n’arrive même pas à stresser.

4. Seule la pliométrie charge vraiment les tendons.

Son opposé est l’isométrie, qui va solliciter essentiellement le tissu musculaire et beaucoup moins les tendons.

Les tendons sont comme des élastiques, ils stockent et restituent de l’énergie sur les mouvements rapides.

Ils sont donc le + chargés sur les mouvements rapides.

Les exercices de renforcement classique sollicitent peu les tendons, sauf s’ils sont réalisés à une vitesse élevée.

Tous les exercices peuvent très bien être pliométrique avec une phase excentrique très rapide et en ajoutant un rebond.

Mais bon, ça concerne peu de personnes car beaucoup croient encore qu’il est mauvais de réaliser des exercices de haute intensité…

Difficile de faire de la plio quand on se limite sur l’amplitude.

Il faut de l’amplitude pour étirer les tissus et stocker (et donc restituer) de l’énergie élastique.

5. Les tendons sont + sensibles à la charge de traction que de compression.

En gros, étirer un tendon, c’est plus douloureux que de le compresser.

Ça lui implique plus de contraintes.

Tous ces éléments doivent être pris en considération pour organiser une rééducation efficace.

On comprend bien que l’objectif final est de faire des mouvements rapides sans douleur pour solliciter au maximum les tendons (sauts, changements de direction, forte accéleration..).

La rééducation est un continuum.

Qu’est-ce qui sollicite le moins les tendons ? Aucune vitesse : L’isométrie.

On commence par là.

Et on peut vite réintégrer du dynamique avec peu d’amplitude (short range pour pas trop étirer le tendon).

Puis du dynamique à grande amplitude à vitesse lente, puis à vitesse élevée.

Puis à vitesse élevée et charge élevée.

On avance dans le continuum jusqu’à arriver à l’autre bout.

Si c’est trop dur ou douloureux, on fait quelques pas en arrière pour mieux sauter.

6. Tu dois aussi savoir que les tendons nécessitent dans les 36h de récupération pour bien s’adapter suite à une grosse sollicitation.

Sauter, courir, sprinter tous les jours, c’est prendre des risques.

D’ailleurs, ce sont bien les athlètes qui pratiquent ce genre d’activité régulièrement qui sont les plus à risques pour les tendinopathies.

Toujours une question de rapport entre charge d’entraînement et capacité de récupération.

7. Un tendon dégénéré contient + de tissu sain qu’un tendon normal.

Donc en fait, on s’en fout un peu de la partie dégradée du tendon (point n°3).

On peut rien y faire de toute façon.

Donc autant se concentrer sur la partie saine et chercher à l’augmenter un maximum.

D’ailleurs, les personnes qui guérissent de tendinopathie dégénérative (qui reprennent pleinement leur sport et sans douleur) présentent toujours des dégradations à l’imagerie dans le tendon.

Si ton chien n’a pas mal et que tu fais ce que tu veux en termes de santé et de performance, qui s’intéresse à ce qu’on peut voir sur une écho ?

Les dégradations structurelles sont loin d’être corrélées à une dégradation fonctionnelle.

Traite le donut, pas le trou.

Un truc qui peut faire peur :

8. 66% des ruptures du tendon surviennent sur des tendons asymptomatiques.

Aucune douleur nulle part, tu fais ta vie normale avec ton chien, et d’un coup le tendon rompt.

Super.

Donc le tendon se dégrade sans qu’aucune douleur ne prévienne, et un jour il rompt.

Mais rassure toi:

9. Seulement 4% des individus qui présentent une tendinopathie vont jusqu’à la rupture totale du tendon.

Avoir mal, c’est vraiment bien finalement.

Parce que quand ton chien a mal, tu en tiens compte et tu adaptes son activité pour ne pas aller jusqu’à la rupture.

C’est protecteur.

Ne pas avoir mal peut vraiment être risqué.

Tu vois que finalement, quand ton chien a mal, c’est pas si grave.

Expliquer ça aux gens permet de lutter contre le catastrophisme associé aux douleurs et aux blessures.

Finalement, on comprend encore pas tout sur les tendons.

Et encore moins sur la douleur, c’est complexe.

Si ton chien souffre d’une tendinopathie et que ça vous handicape lui et toi au quotidien, tu as besoin de solutions.

Elles sont juste là et tu y as accès : prend RDV pour un bilan postural et discutons ensemble pour organiser un protocole de rééducation qui correspondent aux besoins de votre équipe.

A très vite,

Aurore

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