Les étirements font sûrement partie des pratiques les plus controversées dans la pratique d’une activité physique.

Ils sont omniprésents, et tout le monde les utilise à sa sauce.

Et quand les choses deviennent trop répandues, les dérives apparaissent et il devient de + en + difficile de déceler le vrai du faux.

Comment savoir alors ?

Il faut s’intéresser à la physiologie des tissus et du système nerveux.

Parmi les dérives, il y a cette surconcentration perpétuelle et maladive sur les muscles.

Oui, j’insiste encore une fois dans ce post sur ce point.

On parle systémtiquement d’étirement pour tel ou tel muscle.

Comme si on étirait que les muscles quand on s’étire.

Nous sommes censés être spécialistes du mouvement, de la santé, de la performance…

Et pourtant nous sommes biaisés par le réductionnisme et les biais cognitifs.

Oui, il faut parler le même langage que nos clients/patients/athlètes.

Oui, on n’est pas là pour parler dans un jargon technique mais pour avoir des résultats.

Mais parfois quand on régresse trop si bien que le niveau devient terriblement bas, il vaut mieux faire machine arrière et chercher à éduquer plutôt qu’à sur-simplifier les choses.

C’est mon avis.

Quand tu fais des étirements avec ton chien, tu étires les muscles oui, mais tu étires aussi tous les tissus conjonctifs qui l’entourent.

As-tu déjà fait des cours d’anatomie musculaire ?

On te parlait d’épimysium, de périmysium, d’endomysium, de sarcolemme.

Ces tissus conjonctifs enveloppent les fibres, les paquets de fibres, les fascicules, le muscle entier..

Et puisque les sarcomères qui composent le muscle ne s’étendent pas d’un tendon à l’autre, il faut bien les relier en série.

Les tissus conjonctifs qui relient les sarcomères en série sont, à leur niveau, comme des tendons.

Les cellules du tendon se fondent dans l’os et l’os se fond avec les ligaments, prolongements des capsules articulaires..

Tout est connecté.

Tu n’étires pas qu’un muscle.

Tu étires toute l’ultrastructure qui connecte tous ces tissus les uns aux autres.

Tu étires le bioflow.

Tu étires aussi les nerfs, les artères, les veines, la peau..

On parle même d’étirement neurodynamique quand on vient mettre en tension certains nerfs en particulier.

Il n’y a qu’à tester pour s’en rendre compte.

Alors oui: ce n’est qu’un continuum.

Certaines positions d’étirement mettront + l’accent sur certains tissus.

Le chien peut ressentir davantage l’étirement sur un nerf, ou purement au niveau musculaire, la sensation ne sera pas la même.

Mais ça va dépendre des propres lignes de tensions de ton chien, associées à son vécu et schéma corporel personnel.

Mais du coup, les étirements, ça sert à quoi ?

Les étirements à court terme, sur le moment, permettent de rendre le muscle plus visqueux et un peu moins élastique.

Il s’étire un peu + et revient moins dans sa position initiale.

Mais ça ne dure pas.

Il n’y a donc pas gain en souplesse durable.

Sur le long terme (plusieurs semaines de séances d’étirements), la viscoélasticité du muscle ne change pas.

Mais la souplesse s’améliore.

Mais alors si le muscle ne devient pas plus visqueux, pourquoi on gagne en souplesse ?

La réponse se trouve au niveau du système nerveux.

À force de s’étirer, notre système nerveux commence à mieux tolérer l’étirement.

Il lève petit à petit son système de protection (le réflexe myotatique).

Le réflexe myotatique, c’est quand le muscle se contracte automatiquement quand il s’étire.

Ton système nerveux est intelligent.

Il sait les amplitudes, les vitesses, les positions dans lesquelles tu es en sécurité ou non.

La plupart du temps, tu ne passes aucun temps en position d’étirement ou presque.

Il n’a donc aucune expérience dans cette position.

C’est donc dangereux.

Il t’empêche d’y aller en augmentant la sensibilité du réflexe myotatique.

De nombreuses personnes présentent des tensions musculaires simplement parce que le réflexe myotatique est tellement sensible que la tension musculaire est permanente.

Le moindre mouvement musculaire est perçu comme une menace et donc le système nerveux “te protège” en contractant tes muscles.

Même si c’est pas très fort, si ça dure tout le temps, ça devient vite fatiguant et douloureux.

Une contraction, même faible, mais permanente, c’est de l’isométrie.

C’est de l’ischémie (plus d’apport sanguin), c’est une compression des terminaisons libres, des nocicepteurs (récepteurs de douleur)..

C’est d’autant + de stimuli qui vont dans le sens de l’activation du message de douleur.

Par contre chez ces individus, s’étirer ne fera que renforcer le réflexe myotatique et faire empirer les choses dans un cercle vicieux.

Alors oui, sans complication, s’étirer permet d’améliorer la tolérance à l’étirement au niveau nerveux sans changement musculaire.

Gagner en souplesse, c’est + une affaire de système nerveux que de muscles…

En vérité, les études montrent aussi un allongement des fascicules musculaires sur des étirements très longs.

Il y aurait une légère contraction excentrique au cours de l’étirement, stimulant la création de nouveaux sarcomères en série.

Et ça allonge le muscle.

Mais aucun propriétaire et encore moins chien ne fait des étirements très longs régulièrement.

Alors comment combiner le meilleur de chaque monde, surtout si on a une chien qui présente des tensions musculaires et un réflexe myotatique hypersensible ?

Il faut conjuguer étirement et renforcement.

C’est tout l’intérêt du travail de mobilité.

Mobilité= souplesse + force + contrôle moteur.

Passer du temps à étirer, c’est bien pour devenir pliable.

Mais si tu arrives à tromper le système nerveux pour qu’il cesse de protéger ton chien dans une position où il est faible…

Il devient très vulnérable.

C’est pour ça, qu’à l’extrême, les chiens hyperlaxes sont très souples mais faibles dans la majorité de leur amplitude.

La souplesse est un pré-requis incontestable à la mobilité.

Mais seule, elle ne vaut rien.

C’est bien tout l’intérêt des méthodes que je te propose dans mes contenus et mes accompagnements…

En bref, ce sont des concepts d’entraînement qui visent à développer de la force là où ton chien est naturellement faible.

Là où son système nerveux et ses tissus les plus profonds ne sont pas accessibles dans les mouvements du quotidien..

Il gagne en amplitude utilisable, mais aussi en contrôle global sur son corps.

C’est la fondation même du mouvement, de la santé et de la performance dans tous les sports.

A bientôt 

Aurore

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *